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INTENTION / PRATIQUE ARTISTIQUE
Annabelle est une artiste transdisciplinaire basée entre Paris et Berlin. En 2016, elle commence à peindre et démarre ses premières toiles, par des tracés préparatoires à la mine de plomb. Sa gestuelle de Designer industriel, technique basée sur l’amplitude du mouvement lui permet de dessiner avec aisance des formes géométriques, tels que sont conçus les objets industriels en partant d’ellipses, de cercles, de lignes droites ou de courbes. En transcrivant cette gestuelle, elle prend l’habitude de faire pivoter le canevas comme le font les Designers avec une feuille de papier pour faciliter le tracé de certaines formes. Cette technique qui lui permet d’instaurer une lecture ergonomique de ses toiles qui se lisent en majorité dans les 4 sens du canvas, formant 4 univers sur un même support. Elle se laisse guider par une recherche d’équilibre et d’harmonie visuelle en jouant avec les différents sens. (Elle conçoit d’ailleurs pour ses premières expositions solos un premier prototype de moteur qui tourne la toile tous les 90o avec un capteur et a pour projet de développer un concept plus élaboré et commercialisable). Mêlant tracés dynamiques et aléatoires, cet expressionnisme abstrait mixe et révèle de nouvelles figures et atmosphères au sein desquelles de nombreuses scènes prennent vie. C’est le spectateur qui suit les éléments au gré de son subconscient, laissant sa propre imagination lui révéler des formes plus figuratives. L’audience peut s’évader dans ses rêveries et chaque toile est alors interprétée de différentes manières selon l’observateur. Elle emploie des couleurs vives brutes, principalement primaires puis secondaires, qui sont aussi mélangées directement sur la toile ou superposées. Ce sont principalement les oeuvres abstraites de David Hockney qui ont eu une influence sur la composition de son travail. Et c’est son admiration pour le travail de Mark Rothko qui l’a sensibilisé à ressentir de la vibration et de l’émotion face à la couleur, de même pour la palette d’Edward Hopper. Ses créations présentent un fort attrait pour la matière, dans ses tableaux, en utilisant le couteau pour y former trames et motifs. Puis elle s’intéresse au Gesso pour préparer avec ce même outils, ses toiles déjà enduites et y découvre de nouveaux reliefs qui renforcent la structure. Annabelle prend l’habitude de sculpter ce matériau comme premier objet presque finalisé, ce qui grâce à ses imperfections lui offre un nouveau terrain avec de nouvelles pistes aléatoires lors de l’utilisation de la couleur. À l’inverse dans ses séries de photos sur une partie de l’ancien Mur de Berlin, ce sont des strates d’épaisseurs de graffitis déstructurées qui retiennent son intention. Mêlant son attrait pour l’observation de la ville et celle de la matière, elle découvre un phénomène éphémère et épisodique sur ce pan du Mur qui est aujourd’hui spot légal pour le graffiti. Sous l’effet de la chaleur et de la densité, les strates de couches de peinture des graffitis fondent, pèlent et se déchirent formant un trésor de diverses compositions graphiques et de couleurs. Depuis 2022, elle saisit ses instants lorsque le hasard rend cet exercice possible et se laisse surprendre par de nouveaux univers qui ressemblent par exemple à des photos prises du ciel ou par un satellite. Dans un autre registre, concernant ses recherches sur la matière, elle utilise directement le bidon de peinture acrylique pour dessiner ses tracés aléatoires. Cette technique donne de la densité à ses toiles et permet surtout une liberté de mouvement qui ouvre de nouvelles structures. En écoutant certaines musiques de guitare électrique, telles que Jimi Hendrix, Lynyrd Skynyrd et Led Zeppelin, elle se met alors à projeter l’énergie et l’intensité ressenties. Au fil des expérimentations, de réelles structures se forment en fonction des groupes de musique et de leurs styles différents, les notes commencent à se lire visuellement et prennent des formes uniques liées à l’identité sonore singulière des artistes, tels des motifs. |